gaz:le_cratere

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 – Ce nom me dit quelque chose…​ – Ce nom me dit quelque chose…​
  
-– Peut-être. Toujours est-il que Kudo mit au point le « //духи, что делает глупые// », abrégé DDG, en français « le parfum qui rend idiot ».+– Peut-être. Toujours est-il que Kudo mit au point le « //духи, что делает глупые// », abrégé DDG((En français« le parfum qui rend idiot »)).
  
 – Ah…​ vous m’en direz tant ! – Ah…​ vous m’en direz tant !
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 – ses employeurs n’allaient pas le payer, puisque vraisemblablement leur fils n’était plus récupérable pour la bonne société helvétique. De tous ces points, c’était largement le dernier qui lui fichait le plus la rogne. Son attention fut attirée par un bruit étrange, lui rappelant un robot électronique de son enfance. Il sentit ses cheveux se hérisser sur sa nuque quand son champ de vision perçut l’arrivée d’une sorte de spectre. – ses employeurs n’allaient pas le payer, puisque vraisemblablement leur fils n’était plus récupérable pour la bonne société helvétique. De tous ces points, c’était largement le dernier qui lui fichait le plus la rogne. Son attention fut attirée par un bruit étrange, lui rappelant un robot électronique de son enfance. Il sentit ses cheveux se hérisser sur sa nuque quand son champ de vision perçut l’arrivée d’une sorte de spectre.
  
-– //Здравствуйте, товарищ Рублев//! (Bonjour, camarade Rublev) - fit une voix métallique et synthétique. Elle sortait d’un étrange véhicule à chenilles, doté d’exo-bras rattachés à un tronc métallique. Au sommet, une robot surmonté d’une globe plastique translucide dans lequel baignait un cerveau répugnant. À chaque mouvement, qu’il avait spasmodiques, des grincements sortaient de cette mécanique aussi impressionnante que désuète.+– //Здравствуйте, товарищ Рублев//!(("Bonjour, camarade Rublev!")) - fit une voix métallique et synthétique. Elle sortait d’un étrange véhicule à chenilles, doté d’exo-bras rattachés à un tronc métallique. Au sommet, une robot surmonté d’une globe plastique translucide dans lequel baignait un cerveau répugnant. À chaque mouvement, qu’il avait spasmodiques, des grincements sortaient de cette mécanique aussi impressionnante que désuète.
  
 – « Bonjour, camarade inconnu », répond Shlom en russe. À qui ais-je l’honneur? You are not Dr Livingstone, do you? – « Bonjour, camarade inconnu », répond Shlom en russe. À qui ais-je l’honneur? You are not Dr Livingstone, do you?
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 Shlom, ravi, déguste son cigare, un peu dans le cirage. Shlom, ravi, déguste son cigare, un peu dans le cirage.
  
-– Or donc, vous voulez mon histoire. Elle est pourtant assez quelconque. Mon nom d’abord. Ridicule, certes. Mais que voulez-vous: fils d’un soldat allemand prisonnier de guerre, le paternel nazi m’avait affublé de ce stupide prénom. À sa mort, l’armée soviétique m’a récupéré et m’a transformé en espion, en m’affublant de ce patronyme tout aussi stupide. Cela leur a réussi, puisque hargneux j’étais, teigneux je devins. Envoyé sur tous les fronts dès le début des années ’80, j’ai beaucoup tué, sans émotion. Enfin si, avec rage, mais certainement sans compassion. Et puis il y a eu Nyos. Et là, il faut dire que j’ai véritablement excellé, avec les quelques-uns qui comme moi ont constitué les « //Einsatzgruppen// » d’extermination des témoins de cette première expérience. Seuls de douces âmes peuvent croire que le nuage neurotoxique aurait pu tuer tout ce monde; s’il était naturel, peut-être, mais lorsque c’est l’homme qui se charge de massacrer son semblable, il y a toujours des reliquats à traiter artisanalement. Comme le disait fort justement Boubacar Boris Diop, « Ce n’est pas une petite affaire, le chaos » <sup>[[[#_footnotedef_9|9]]]</sup>. Et moi je suis un homme du chaos. À l’époque j’étais encore jeune et vif, mais dans le fond j’étais nettement moins efficace qu’aujourd’hui.+– Or donc, vous voulez mon histoire. Elle est pourtant assez quelconque. Mon nom d’abord. Ridicule, certes. Mais que voulez-vous: fils d’un soldat allemand prisonnier de guerre, le paternel nazi m’avait affublé de ce stupide prénom. À sa mort, l’armée soviétique m’a récupéré et m’a transformé en espion, en m’affublant de ce patronyme tout aussi stupide. Cela leur a réussi, puisque hargneux j’étais, teigneux je devins. Envoyé sur tous les fronts dès le début des années ’80, j’ai beaucoup tué, sans émotion. Enfin si, avec rage, mais certainement sans compassion. Et puis il y a eu Nyos. Et là, il faut dire que j’ai véritablement excellé, avec les quelques-uns qui comme moi ont constitué les « //Einsatzgruppen// » d’extermination des témoins de cette première expérience. Seuls de douces âmes peuvent croire que le nuage neurotoxique aurait pu tuer tout ce monde; s’il était naturel, peut-être, mais lorsque c’est l’homme qui se charge de massacrer son semblable, il y a toujours des reliquats à traiter artisanalement. Comme le disait fort justement Boubacar Boris Diop, « Ce n’est pas une petite affaire, le chaos »((Boubacar Boris Diop, Murambi, //Le livre des ossements//)). Et moi je suis un homme du chaos. À l’époque j’étais encore jeune et vif, mais dans le fond j’étais nettement moins efficace qu’aujourd’hui.
  
 – Efficace dans l’extermination, je présume? – Efficace dans l’extermination, je présume?
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 Et de s’éloigner dans un cliquetis de chenillettes. Effectivement, il avait besoin d’un bon graissage. Et de s’éloigner dans un cliquetis de chenillettes. Effectivement, il avait besoin d’un bon graissage.
  
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  • Dernière modification : 2022/10/24 16:16
  • de radeff