===== Sasquatch ===== {{:funkei:kong.png?nolink|}} ©Wikimedia Commons - CC-by-3.0
Comment oses-tu me parler d’amour toi hein Toi qui n’as pas connu Lola Rastaquouère Je lui faisais le plein comme au Latécoère Qui décolle en vibrant vers les cieux africains Elle avait de ces yeux un vrai chat abyssin Et ses seins deux sphères Entre lesquelles j’abandonnais deux mois de salaire Pour y rouler mon pauvre joint Quand dans son sexe cyclopéen J’enfonçais mon pieu tel l’Ulysse d’Homère Je l’avais raide plutôt amère C’est moi grands dieux qui n’y voyais plus rien Dans la moiteur torride de sa croupe d’airain On pouvait voir éclore des renoncules par-derrière Et par devant un conifère Me rappelait un air jamaïcain — Serge Gainsbourg, Lola RastaquouèreKong était super frustré. Il avait été défait par ce débile de Ranko qui, s’il lui prenait pas mal de kilos et de centimètres, était vraiment stupide. Lors d’un combat aussi singulier que peu original, Ranko l’avait pris par traîtrise, avec une de ses prises genre //Kung Fu// et l’avait mis à mal, le finissant avec une belle morsure qui mettait du temps à cicatriser. Kong se lécha pour se consoler. Depuis, les femelles du groupe ricanaient à son passage, alors qu’avant elles reconnaissaient toutes que Kong était le plus doué en jeux de mots, calembours et contrepèteries. Mais Ranko veillait méchamment sur son harem, et gare à celles qui ne lui prêtaient pas une allégeance totale, ce qui excusait un peu leur comportement. Quant aux autres keums du groupe, en plus d’être velus, ils avaient toujours été veules et idiots. Kong n’était pas du tout étonné d’être rejeté, c’était déjà le cas lorsqu’il avait le //lead//, par jalousie pour son esprit, alors maintenant qu’il était devenu un //looser// on le lui faisait bien sentir. Ce que faisait ce groupe dans ce coin restait un mystère. Comment avaient-ils fait leur chemin, entre les contreforts des Virunga et la région République populaire bolchévique semi-autonome du Tadjikistan, nul ne le savait. Mais le fait était là : une bande s’était installée au pied du pic Staline. Au bout d’un moment, Kong n’en put plus de cette ambience pourrie au sein de la tribu et se décida à tenter sa chance ailleurs. Sans prévenir personne, un matin brumeux il quitta ses congénères. Descendant de la montagne, il avait la dalle, car dans cette vallée sèche et désolée il ne trouvait pas de feuilles, tout au plus quelques insectes qui lui apportaient un peu de protéines. Il entendit soudain du bruit et se planqua, ce qui n’était pas facile vu sa carrure. – Allez, on marche maintenant, salope! – Je n’en peux plus. En plus vous allez me buter. Je ne vois pas pourquoi je ferai un pas de plus. – Si tu n’avances pas, moi et Iouri on va te niquer le cul jusqu’à ce que tu en crèves, maintenant plutôt que plus tard: il est toujours plus facile de mourir vite que lentement et dans la douleur. – À vous voir j’ai des doutes que vous puissiez me faire quoique ce soit avec vos ridicules pénis rabougris. Cloportes. – Euh, quoi!… Tu vas voir! Joignant le geste à la parole, Leonid, que cette discussion avait excité, ouvrit sa braguette et en sortit son impressionnant engin. Hécube blêmit, alors que Iouri s’était mis à braire comme un âne. Kong vit la scène. Trouva cette jeune femelle tout à fait charmante, quoiqu’un peu gracile. Mais il les avait toujours aimées un peu fragiles, même si celle-ci faisait vraiment faiblarde, d’autant plus qu’elle souffrait vraisemblablement d’une alopécie totale. Mais bon, tous les goûts sont dans la nature, et quelque chose dans son regard lui plaisait bien, et si elle n’avait pas de poils sa chevelure noire compensait quelque peu. Et puis les deux mâles qui l’accompagnaient ne lui disaient rien qui vaille. Ils sentaient mauvais, eux. – Bon dieu de m… mais aide-moi Iouri, tiens-là enfin, tu ne vas pas rester là les bras ballants? La p… elle m’a griffé! Une vraie panthère. Je vais m’en faire une descente de lit, mais avant, à la casserole! Kong sauta de derrière son arbre. À sa vue, l’érection de Leonid tomba d’un coup. – C’est quoi maintenant ce machin… ce singe((Sasquatch: de l’halkomelem sésqəc, « géant velu»))! Il leva sa Kalach. Avant qu’il n’ait pu même engager son index dans la gâchette, Kong avait saisi l’arme par le canon et propulsa la crosse de l’arme dans le nez de Leonid, qui s’enfonça complètement dans sa boîte crânienne, réduisant son peu de cervelle à //vraiment// moins que rien. Leonid tomba sans un cri. – Euh mais Leonid mais tu ne dis rien… Mais enfin je… Kong pivota, lâcha la Kalach et regarda d’un air narquois Iouri. Il sourit. Un gorille qui sourit, surtout quand c’est un dos argenté, si vous êtes en face, ça refroidit. Même si on est très courageux. Or, courageux, Iouri ne l’était certainement pas. C’était même le premier des couards, ou le dernier des braves, tout dépend du point de vue. Il se retourna et s’apprêta à prendre ses jambes à son cou. S’apprêta, car Kong était déjà sur lui. D’un coup de canine, il lui brisa la nuque. //Crac//! – Ouille, ça doit faire mal. J’espère que toi, tu ne me veux pas de mal, je te trouve plutôt sympa, et tu m’as débarrassée de ces deux idiots. Hécube avait beaucoup fréquenté Hamid, et ce dernier lui avait parlé des gorilles des montagnes dans son Rwanda natal. Du fait qu’il fallait rester un peu courbé, les regarder par en-dessous, ne pas sourire. Malgré le stress, Hécube se souvint instantanément et prit une attitude convenable, qui plut immédiatement à Kong. Le gorille se dit que, décidément, cette nana avait du chien. Kong sourit à nouveau et tendit une patte à Hécube, tout en se mettant à bander. Devant l’érection de Kong, Hécube ne put s’empêcher de sourire. Sa bite mesurait moins de cinq centimètres. Mais quelque chose l’attirait dans cet animal, un je-ne-sais quoi de fin et délicat, et elle se jeta dans ses bras puissants. Un //Humanzee// allait-il émerger de leurs ébats contre nature? Mais à ce moment, un nuage de poussière accompagné d’une petit tremblement de terre se fit ressentir. Kong frémit. – Merde, des //Elasmotherium//, c’est vraiment pas le moment! – Je ne comprends rien à ce que tu marmonnes. C’est quoi ce truc??? Devant la poussière qui se rapprochait, on commençait à distinguer les puissants animaux et leurs cornes menaçantes. – Ouah, des rhinocéros blancs! Je croyais l’espèce éteinte! – Mais non, ce sont des //Elasmotherium//; nettement moins sympas que les rhinocéros blancs, va falloir filer, et sans perdre de temps. Joignant le geste à la parole, Kong embarqua Hécube sous son puissant bras et grimpa la pente. Les licornes préhistoriques, décontenancées et peu habiles en terrain pentu, poussèrent des grognements de frustration, mais en restèrent là. En face de Kong et d’Hécube, on distinguait le massif Pic Staline (ex //Qullai Ismoili Somoni//), dont le sommet culmine à la bagatelle de 7'495 mètres d’altitude. Et ils se dirigeaient droit dessus. [<>]